Aide et Action sensibilise les femmes migrantes en Inde sur le thème du harcèlement sexuel

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Le harcèlement et les violences sexuelles sont des problèmes répandus dans l’état d’Odisha en Inde. Les femmes migrantes qui effectuent un travail saisonnier dans les briqueteries et les  chantiers dans les banlieues des grandes villes en Odisha sont particulièrement vulnérables. Rares sont les cas où les agressions, qui touchent les femmes migrantes tout comme leurs filles adolescentes, sont dénoncées par les victimes. En effet, celles-ci ont le plus souvent peur de la réaction et des conséquences qu’une telle révélation peut générer.

Sous la direction du Migration Information Research Centre (MIRC) d’Aide et Action, une campagne de sensibilisation sur le thème de l’exploitation sexuelle est en cours pour 300 femmes migrantes de 6 panchayats* dans l’état d’Odisha.

L’objectif de cette campagne de sensibilisation est de permettre à ces femmes de prendre la parole et de défendre leurs droits lorsqu’elles, ou leurs filles adolescentes, sont victimes d’exploitation ou de harcèlement sexuel. Dans le cadre de la campagne, elles apprennent à identifier les signaux d’alarme et à se proteger. À travers le Western Odisha Migration Network, un réseau de la société civile soutenu par diverses ONGs dont Aide et Action, des femmes migrantes qui ont le potentiel pour devenir des leaders et porte-paroles de leur communauté, sont identifiées et instruites. Enfin, un registre de migrants et migrantes de tout âge est mis en place pour permettre de suivre leurs mouvements, ce qui est indispensable pour les secourir en cas de besoin.

Voici ce que Umi Daniel, directeur du MIRC et responsable thématique pour la migration d’Aide et Action, dit au sujet de cette campagne :

« Il existe un certain nombre de mesures légales pour prévenir et traiter les cas de harcèlement sexuel, mais les lieux de travail des travailleurs les plus pauvres n’ont aucune instance à laquelle s’adresser pour porter plainte ou dénoncer les faits. S’il se passe quelque chose, les femmes souffrent en silence et reviennent au travail le lendemain. En parlant avec les femmes migrantes nous avons découvert que près d’un tiers d’entre elles ont subi une forme de harcèlement sexuel, allant jusqu’à l’agression. Maintenant nous avons commencé à sensibiliser 300 femmes migrantes qui parleront à leurs collègues lorsqu’elles retournent sur les chantiers. Une helpline sera mise en place et son numéro sera répandu parmi les migrantes afin qu’elles puissent s’y adresser en cas d’harcèlement. En tant que travailleuses dignes, les femmes ont le droit de travailler dans un environnement sûr et sans exploitation. »

 

*unité administrative de l’état indien qui contient un ou plusieurs villages