Plan de carrière, logement, primes et augmentation des salaires… voici quelques unes des revendications des nombreux enseignants qui cette année se sont mis en grève au Mali pour protester contre leurs conditions de travail difficiles. « 2009-2010 a été le théâtre d’un véritable « affrontement » entre les syndicats des enseignants et les autorités éducatives », explique Abdoulaye Diepkile, Responsable Parrainage à Aide et Action Mali. « De nombreux parents d’élèves et religieux se sont mobilisés pour faire en sorte que la situation se débloque et que les enfants puissent retourner à l’école », ajoute-t-il. Mais rien n’y a fait. Les autorités sont restées sourdes aux demandes des enseignants, affirmant que l’Etat manquait de ressources financières pour répondre à leurs attentes.
Manque de ressources
Plus de 30% du budget national du Mali est consacré à l’éducation. Mais cela reste insuffisant. « Une récente étude a montré que seul 46,3% des élèves du 1er cycle de l’enseignement fondamental public sont satisfaits du fonctionnement de leurs écoles ; la majorité des élèves n’est pas satisfaite. Ils se plaignent du manque de livre et de fourniture, des effectifs pléthoriques et de la qualité de l’enseignement », ajoute Abdoulaye. Comme le reste de la population, il attend beaucoup du 3ème Programme d’Investissement dans le Secteur de l’Education (PISEIII) que l’Etat vient de lancer. Si les deux précédents programmes avaient été orientés sur la réorganisation du système et l’amélioration de l’accès, ce dernier accorde une priorité absolue à la qualité de l’enseignement, particulièrement de l’éducation de base. En attendant les premiers résultats, Aide et Action, présente au Mali depuis 2004, a choisi de continuer à équiper le pays de centres d’alphabétisation pour accueillir notamment les populations les plus défavorisées et leur donner accès à une éducation de qualité. « Jusque là, les formation se déroulaient dans un vieux local situé en plein cœur du marché et dans un état de dégradation avancé. Désormais, nous allons bénéficier d’un bâtiment adapté aux normes, bien ventilé et bien équipé, où il sera agréable d’apprendre. Cela devrait encourager les populations à se former », explique M. Omar Sidibé Hamadoune, chef d’un des villages, où Aide et Action, en partenariat avec des acteurs locaux, a implanté l’un des 10 nouveaux centres construits dans le pays cette année.