Selon une interprétation de la conception bouddhiste du destin, tout handicap, physique ou mental, résulte d’un mauvais karma, dû à de mauvaises actions effectuées dans une vie antérieure. Par superstition et parfois par honte, les familles cambodgiennes enferment souvent les enfants handicapés à la maison, les envoient mendier ou les abandonnent. Exclus de la société et privés de moyens de communication depuis la naissance, ils sont privés de leur enfance, délaissés et ne connaissent pas un développement harmonieux.
Pour les sortir de l’isolement, Aide et Action et l’ONG locale Krousar Thmey, gèrent quatre centres pour enfants aveugles dans la banlieue de Phnom Penh mais aussi à Battambang, à Siem Reap et à Kampong Cham. De passage à Phnom Penh, Georgette B. de Marseille, marraine d’Aide et Action, qui s’est rendue à l’école Chba Ampeou, témoigne de cette expérience : « Dans les écoles, nous avons vu des enfants épanouis qui, outre les apprentissages scolaires classiques étudient la musique et la danse traditionnelle. Nous avons aussi senti des équipes dynamiques ayant foi en leur mission. »
Les enfants aveugles découvrent le plaisir de la musique par des cours d’initiation. Ils apprennent aussi à reproduire des mélodies en jouant des instruments. Et cela d’autant plus qu’ils sont dotés d’une ouïe très fine et d’une grande sensibilité pour l’apprentissage de la musique. Les enfants en maternelle apprennent aussi à s’orienter, à bouger à l’intérieur et à l’extérieur et à se repérer par des jeux en musique.
Par des cours de braille et des activités ludiques, les enfants aveugles découvrent que leur cécité ne les empêchera pas de s’éduquer, de s’intégrer à la société et de faire valoir leurs talents.