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Aide et Action accueille le canton de Genève au Togo ! (2 sept)
Lancé en 2008 dans les villages de la région des Savanes (Togo), le projet IDEX d’Aide et Action propose des alternatives éducatives aux exclus du système scolaire. Les activités développées (écoles relais, soutien à la formation professionnelle, apprentissages, alphabétisation) permettent ainsi à un millier d’enfants, jeunes et adultes d’améliorer leurs conditions de vie. L’engagement en faveur du projet IDEX dépasse les frontières puisque le Service de la solidarité internationale de l’Etat de Genève l’accompagne depuis ses débuts. Deux collaborateurs, Fernando Colella et Micael Alves Borges, se sont rendus sur place et nous livrent leurs impressions. |  | Interview : AeA : Vous avez passé plusieurs jours avec notre équipe togolaise à Dapaong où vous avez pu découvrir le projet en faveur des exclus du système éducatif formel soutenu par l’Etat de Genève. Quelles ont été vos premières impressions ? Fernando Collela : Les équipes d'Aide et Action Lomé et Dapaong nous ont préparé un programme de visite soutenu et très diversifié. Il faut dire que le projet est complexe et de grande envergure, il fait intervenir beaucoup d'acteurs locaux sur de grandes distances. Notre première impression est très bonne et porte sur la gestion locale du projet qui est claire et précise, rien n'est laissé au hasard. Les bénéficiaires du projet sont dispersés sur un territoire immense, il faut aller les chercher dans des petits villages isolés, emprunter des pistes où personne ne passe. Les besoins en éducation des populations de la région des Savanes n'étant pas entièrement couverts par l'Etat, Aide et Action, dans certains cas, se substitue aux autorités éducatives et permet aux enfants d'être scolarisés, dans le cadre d'écoles d'initiatives locales (EDIL), dans de bonnes conditions. Après l'intervention d'AeA, ces écoles communautaires, gérées par les parents d'élèves, intègrent le système éducatif formel. AeA participe à l'édification de la carte scolaire, les établissements et les enseignants sont ensuite pris en charge par le Ministère de l'éducation. C'est une démarche positive.
AeA : Pourquoi le service de la solidarité internationale de l’Etat de Genève a-t-il choisi de soutenir ce projet ? FC : Aide et Action a déjà bénéficié du soutien de l'Etat en 2003 pour un projet au Cambodge, c'est donc un partenaire connu du service. En 2007, le projet IDEX a été soumis à la Commission consultative de la solidarité internationale (CCSI) qui l'a jugé pertinent avec des objectifs bien identifiés et mesurables. AeA a ciblé une population exclue du système d'éducation formel qui représente près de 50% de la population scolaire, et bien sûr, majoritairement des filles.
AeA : Vous avez rencontré des enfants et des jeunes qui ne sont jamais allés à l’école ou qui l’ont quittée trop tôt, des adultes analphabètes, dont une majorité de femmes. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé chez eux ? FC : La plupart des personnes rencontrées sont conscientes que sans l'intervention d'AeA, rien ne serait fait. La demande pour intégrer les écoles relais est forte, AeA doit faire des choix, opérer des sélections pour garantir les meilleures chances de succès pour ceux qui sont choisis. Les cours d'alphabétisation pour adultes sont principalement fréquentés par des femmes, qui, si elles veulent réussir dans leur petite entreprise (maraîchage, vente), doivent apprendre à lire, écrire et calculer. C'est une forme d'indépendance.
AeA – Aide et Action s’entoure de partenaires locaux qui font évoluer le projet au jour le jour, qui sont-ils ? FC : Le projet touche 34 villages et fait appel à beaucoup d'intervenants institutionnels ou provenant de la société civile. Les autorités locales situées à Dapaong cautionnent très ouvertement le projet: préfecture, mairie, représentant de l'éducation régionale. Bien qu'ils ne participent pas financièrement au projet, leur influence est notable et favorise son bon déroulement. Les partenaires de terrain: les chefs de villages, les comités villageois, les comités de parents d'élèves, les directeurs d'écoles, les centres de formation associés au projet, tous jouent un rôle essentiel. La force du projet réside dans l'addition de ces intervenants qui finissent par former un ensemble très cohérent.
AeA : L’équipe d’Aide et Action accompagne les acteurs du projet tout au long de l’année. Que pensez-vous de son travail ? FC : Nous l'avons relevé à plusieurs reprises, malgré les difficultés, les distances, l'éloignement des activités du projet, l'équipe est sur tous les fronts. Aide et Action mène un travail exemplaire dans une conjoncture difficile.
AeA : Quelle image gardez-vous de votre visite du projet IDEX ? FC : Un projet qui se déroule dans une région isolée des centres de décision (Lomé est à 600 km), des populations exclues, des équipes d'AeA qui parcourent des milliers de km par mois pour assurer le suivi du projet et la collaboration avec les partenaires de terrain, une chaleur éprouvante pour tous. Mais au final, un projet très utile, qui répond à de réels besoins. Un critère primordial pour l'Etat de Genève.
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