Le Niger est un pays pauvre dont la "malchance" a été de se croire riche durant quelques années. De 1976 à 1982, l'uranium semblait une source intarissable de devises. L'Etat providence dépensait sans compter et des dirigeants charismatiques "voulaient le bien du peuple". Les salaires des agents de l'Etat étant le double ou le triple de ceux auxquels on pouvait prétendre dans les pays limitrophes, des cohortes d'enseignants étrangers furent attirés, ce qui permettait à l'Etat de satisfaire l'urgence de scolariser en masse.
D'autre part, le Niger a formé trop rapidement et trop succinctement la relève. L'école était entièrement gratuite, tout, jusqu'au crayon, était fourni. Le moindre diplôme, même primaire, permettait à coup sûr d'accéder à un travail salarié suffisamment payé pour nourrir une famille élargie tout en gardant "les mains propres". Le programme scolaire était conçu pour former des commis de l'Etat. La chute brutale des cours de l'uranium, la sécheresse, le cahos politique ont mis le gouvernement en rupture de paiement.
L'éducation nationale est encore axée sur la formation de fonctionnaires. Les acquis en savoir-être et savoir-faire ne sont pas encore réellement pris en compte dans les évaluations des élèves. La fonction éducatrice de l'école n'est généralement reconnue que quand l'enfant obtient son diplôme et à terme un emploi. Pourtant la population rurale commence de plus en plus à comprendre que les acquis scolaires peuvent être exploités dans la vie courante.
Le Ministère est représenté par une Direction Régionale au niveau de chaque département et d'une inspection au niveau de chaque arrondissement. il n'y a malheureusement qu'un conseiller pédagogique pour 182 instituteurs en moyenne, avec très peu de moyen de déplacement sur des distances énormes.