Aide et Action,
1ère association française
de parrainage pour
le développement de
l'éducation, est une
association apolitique
et non-confessionnelle.
Association Reconnue
d'Utilité Publique
PAROLES DE PARRAINS, MARRAINES ET FILLEUL(E)S
Une marraine visite des centres pour enfants sourds et enfants aveugles au Cambodge
Georgette B. de Marseille témoigne de ses visites dans un centre d'enfants sourds et un centre d'enfants aveugles au Cambodge, en compagnie de l'association Krousar Thmey. Krousar Thmey est l'un des partenaires d'Aide et Action Cambodge. Cette association travaille sur l'éducation, la formation professionnelle et l'insertion dans la société des enfants sourds et aveugles.
Scolarisation et promotion de leurs droits : 3 portraits de femmes au Burkina
Elles n'ont pas été scolarisées ou n'ont pu poursuivre leurs études après l'école primaire. Marie-Jeanne, Julienne et Martine, trois femmes du Burkina Faso, témoignent de leur promotion sociale grâce aux centres d'alphabétisation mis en place par l'Union des Groupements Féminins (UGF/CDN) et Aide et Action.
Marie France et Alain Plumas sont allés à la rencontre de leur filleule sénégalaise Marie Agnès en Mai 2005. Parrains depuis 1999, ils nous racontent ce moment d'exception.
Raphaëla le Gouvello, L'odyssée du vent, une aventure pleine de générosité
Après l’Atlantique en 2000, la Méditerranée en 2002 et le Pacifique en 2003, Raphaëla le Gouvello, véliplanchiste bretonne, se lance dans une nouvelle aventure, première mondiale en 2006 : la traversée de l’Océan Indien en planche à voile en solitaire.
Interview d'Alexandra Kazan pour l'émission "Des gens formidables" sur M6 le 8 janvier dernier
"Je suis devenue marraine pour Aide et Action parce que cette association aide à l'éducation des enfants dans les pays défavorisés et cela m'a semblé être la meilleure manière d'aider la cause des enfants."
Aide et Action accueille le canton de Genève au Togo !
(2 septembre 2010)
Lancé en 2008 dans les villages de la région des Savanes (Togo), le projet IDEX d’Aide et Action propose des alternatives éducatives aux exclus du système scolaire. Les activités développées (écoles relais, soutien à la formation professionnelle, apprentissages, alphabétisation) permettent ainsi à un millier d’enfants, jeunes et adultes d’améliorer leurs conditions de vie. L’engagement en faveur du projet IDEX dépasse les frontières puisque le Service de la solidarité internationale de l’Etat de Genève l’accompagne depuis ses débuts. Deux collaborateurs, Fernando Colella et Micael Alves Borges, se sont rendus sur place et nous livre leurs impressions.
Interview :
AeA : Vous avez passé plusieurs jours avec notre équipe togolaise à Dapaong où vous avez pu découvrir le projet en faveur des exclus du système éducatif formel soutenu par l’Etat de Genève. Quelles ont été vos premières impressions ? Fernando Collela : Les équipes d'Aide et Action Lomé et Dapaong nous ont préparé un programme de visite soutenu et très diversifié. Il faut dire que le projet est complexe et de grande envergure, il fait intervenir beaucoup d'acteurs locaux sur de grandes distances. Notre première impression est très bonne et porte sur la gestion locale du projet qui est claire et précise, rien n'est laissé au hasard. Les bénéficiaires du projet sont dispersés sur un territoire immense, il faut aller les chercher dans des petits villages isolés, emprunter des pistes où personne ne passe. Les besoins en éducation des populations de la région des Savanes n'étant pas entièrement couverts par l'Etat, Aide et Action, dans certains cas, se substitue aux autorités éducatives et permet aux enfants d'être scolarisés, dans le cadre d'écoles d'initiatives locales (EDIL), dans de bonnes conditions. Après l'intervention d'AeA, ces écoles communautaires, gérées par les parents d'élèves, intègrent le système éducatif formel. AeA participe à l'édification de la carte scolaire, les établissements et les enseignants sont ensuite pris en charge par le Ministère de l'éducation. C'est une démarche positive.
AeA : Pourquoi le service de la solidarité internationale de l’Etat de Genève a-t-il choisi de soutenir ce projet ? FC :Aide et Action a déjà bénéficié du soutien de l'Etat en 2003 pour un projet au Cambodge, c'est donc un partenaire connu du service. En 2007, le projet IDEX a été soumis à la Commission consultative de la solidarité internationale (CCSI) qui l'a jugé pertinent avec des objectifs bien identifiés et mesurables. AeA a ciblé une population exclue du système d'éducation formel qui représente près de 50% de la population scolaire, et bien sûr, majoritairement des filles.
AeA : Vous avez rencontré des enfants et des jeunes qui ne sont jamais allés à l’école ou qui l’ont quittée trop tôt, des adultes analphabètes, dont une majorité de femmes. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé chez eux ? FC :La plupart des personnes rencontrées sont conscientes que sans l'intervention d'AeA, rien ne serait fait. La demande pour intégrer les écoles relais est forte, AeA doit faire des choix, opérer des sélections pour garantir les meilleures chances de succès pour ceux qui sont choisis. Les cours d'alphabétisation pour adultes sont principalement fréquentés par des femmes, qui, si elles veulent réussir dans leur petite entreprise (maraîchage, vente), doivent apprendre à lire, écrire et calculer. C'est une forme d'indépendance.
AeA – Aide et Action s’entour de partenaires locaux qui font évoluer le projet au jour le jour, qui sont-ils ? FC :Le projet touche 34 villages et fait appel à beaucoup d'intervenants institutionnels ou provenant de la société civile. Les autorités locales situées à Dapaong cautionnent très ouvertement le projet: préfecture, mairie, représentant de l'éducation régionale. Bien qu'ils ne participent pas financièrement au projet, leur influence est notable et favorise son bon déroulement. Les partenaires de terrain: les chefs de villages, les comités villageois, les comités de parents d'élèves, les directeurs d'écoles, les centres de formation associés au projet, tous jouent un rôle essentiel. La force du projet réside dans l'addition de ces intervenants qui finissent par former un ensemble très cohérent.
AeA : L’équipe d’Aide et Action accompagne les acteurs du projet tout au long de l’année. Que pensez-vous de son travail ? FC :Nous l'avons relevé à plusieurs reprises, malgré les difficultés, les distances, l'éloignement des activités du projet, l'équipe est sur tous les fronts. Aide et Action mène un travail exemplaire dans une conjoncture difficile.
AeA : Quelle image gardez-vous de votre visite du projet IDEX ? FC :Un projet qui se déroule dans une région isolée des centres de décision (Lomé est à 600 km), des populations exclues, des équipes d'AeA qui parcourent des milliers de km par mois pour assurer le suivi du projet et la collaboration avec les partenaires de terrain, une chaleur éprouvante pour tous. Mais au final, un projet très utile, qui répond à de réels besoins. Un critère primordial pour l'Etat de Genève.
A l'occasion des 20 ans de présence d'Aide et Action au Sénégal, nous avons interviewé 2 acteurs important dans le domaine de l'éducation.
(13 juin 2008)
Interview de Yoro Fall, inspecteur de l’Education de Vélingara (Sud du Sénégal).
AeA : Quel était l’état de l’éducation au Sénégal il y a vingt ans ?
Y F : La situation était marquée par un retard important de la scolarisation avec un taux de 42% au niveau national et de seulement 30 % en zone rurale. Les problèmes étaient liés à l’accès des enfants à l’école dû au manque de structures scolaires, à l’insuffisance du temps passé à l’école et au manque de matériel. L’offre éducative était inadéquate et la mobilisation de la population insuffisante. A l’heure actuelle, le Plan décennal d’éducation vise la scolarisation universelle à l’horizon 2010.
AeA : Quelles sont les problématiques que A eA a voulu adresser pendant ces vingt ans ?
YF : AeA a agi principalement autour de trois axes : l’accès à l’éducation de base pour tous et particulièrement en zone rurale par le biais de la construction d’écoles, la réduction du taux d’analphabétisme des femmes et de la disparité entre garçons et filles ; deuxièmement la qualité avec l’amélioration de la pratique pédagogique, le suivi des apprentissages par des évaluations standardisées ainsi que l’encadrement des enseignants ; enfin la gestion de l’éducation par la mise en place de structure de co-gestion et par l’accompagnement des collectivités locales dans la gestion de la décentralisation de l’éducation.
AeA : Quels sont les changements marquants dus à l’apport d’Aide et Action ?
YF : L’environnement scolaire a été amélioré grâce à de meilleurs équipements, le nombre de classes et d’écoles a augmenté ainsi que le taux de scolarisation qui est passé de 42% en 1988 à 75% en 2008. En outre l’accès des filles a progressé et l’offre éducative s’est diversifiée et nous avons constaté une amélioration des résultats scolaires. En outre l’école est mieux intégrée à son milieu, les communautés sont impliquées dans la co-gestion de l’école et les collectivités locales sont devenues plus conscientes de l’impact de l’école.
AeA : Quels sont les problèmes cruciaux qui restent à appréhender au Sénégal ?
YF : La prise en charge des exclus, à savoir les handicapés et les enfants en situation difficile, est un point important qu’il reste à adresser. Concernant la disparité entre garçon et filles, il faut mettre l’accent sur la réussite des filles à l’école. Il faut encore améliorer l’environnement scolaire et renforcer les capacités des acteurs locaux en mobilisant davantage de ressources pour l’éducation. Il faudrait améliorer le taux de réussite aux examens du primaire qui est de l’ordre de 50-70% ainsi que le taux d’achèvement qui est de 56% toujours dans le primaire actuellement.
AeA : Comment voyez-vous l’avenir de l’éducation dans votre pays ?
YF : Il est important de prendre en compte toutes les formes d’éducation y compris l’éducation religieuse. Il faudrait mettre en place des formations qualifiantes après le cycle fondamental afin d’insérer les jeunes dans la vie active. Il faut procéder à une décentralisation effective du système éducatif et à mon sens il serait important d’augmenter la part du budget national consacrée à l’éducation qui est pour l’heure autour de 41%.
Interview de Hamidou Soukouna, coordonnateur national d’Aide et Action Sénégal.
(13 juin 2008)
AeA : Quel était l’état de l’éducation au Sénégal il y a vingt ans ?
Hamidou Soukouna : C’était un contexte de crise car la réforme du système éducatif prônée par l’Etat sénégalais fut contrée par les directives du FMI et de la Banque Mondiale qui voyaient en l’éducation un secteur improductif. Nous avons donc assisté à la baisse de la scolarisation jusque vers le milieu des années 90.
AeA : Et actuellement quelle est la situation ?
HS : L’éducation est redevenue une priorité de l’Etat sénégalais et AeA s’oriente en particulier vers l’éducation pour les enfants exclus et l’amélioration de la qualité des enseignements. Il faut savoir que si 86% des enfants sont scolarisés il reste tout de même un 14% d’enfants qui n’ont toujours pas accès à l’école. Ce sont des filles, des enfants vivant dans des hameaux à la campagne, des enfants handicapés, des enfants forcés de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille et enfin des enfants dont les parents ne veulent pas de l’école avec ses contenus actuels et qui préfèrent donner à leurs enfants une éducation religieuse. La qualité de l’éducation et la scolarisation de ces exclus constituent les premières priorités d’AeA.
Il faut en effet redéfinir quels sont les contenus et la finalité de l’éducation. Il faut aussi mener des actions de plaidoyer en faveur des exclus.
Ae A : Quel a été le premier projet d’AeA au Sénégal ?
HS : AeA s’est implantée dans la région de Kolda à environ 500 km de Dakar. Les infrastructures étaient absentes : il a fallu construire des écoles, amener des manuels et des fournitures scolaires. La première équipe d’AeA intégrait une équipe de génie civil bien étoffée !
AeA : Quel est le rôle d’AeA à l’heure actuelle ?
HS : AeA contribue à la promotion d’une éducation de qualité pour tous les enfants, filles et garçons y compris ceux qui sont exclus du système éducatif ou qui sont en situation difficile. Pour cela, elle noue des partenariats, accompagne les acteurs de l’éducation et met en œuvre des actions de plaidoyer. Par ailleurs elle cherche à favoriser le dialogue politique sur les questions éducative..
Actuellement, AeA a deux grands projets en cours. Le premier réalisé en collaboration avec le Ministère de l’éducation et l’AFD concerne les banlieues de Dakar et touche environ 400 écoles pour un budget global de 8.6 milliards de francs CFA. Le deuxième concerne la région de Kolda où, en partenariat avec l’UNICEF, AeA tente d’améliorer l’environnement scolaire d’une centaine d’écoles en aménageant des puits, des latrines, des cantines scolaires et des jardins tout en formant les enseignants à l’intégration de compétence de vie courante dans les apprentissages.
AeA : Comment voyez-vous l’avenir ?
HS : Il faut qu’il y ait une volonté politique d’aplanir les désaccords entre Etat et syndicats sur la situation de l’éducation. Il faut trouver un consensus national sur l’éducation et arriver à établir un pacte social. Il faut notamment revoir la qualité de l’éducation primaire car beaucoup d’enfants sortent du système sans formation adéquate. Il faudrait mettre en place des filières de formation parallèles afin de garantir l’insertion dans la vie active de ces enfants.