En Inde, un couple de travailleurs migrants fait le choix de l’éducation pour leurs filles

10 francs par jour au lieu de 7. C’est ce montant à nos yeux très modeste qui a conduit Jhaam Lal et sa femme, travailleurs migrants originaires de l’État du Chattisgarh, à quitter leur site de construction pour un voyager 700 kilomètres vers Bhopal, capitale du Madhya Pradesh. 3 francs de plus par jour, soit leur salaire augmenté d’un tiers. Une différence énorme, qui malheureusement révèle aussi l’extrême pauvreté dans laquelle ils vivent.

Mais Jhaam et sa femme ont deux filles en bas âge. Suhani a trois ans et Sandhya, seulement dix mois. Le site de Sagar Green avait une particularité, c’est qu’il s’y trouvait l’un de nos Child Care and Learning Centres, centres maintenus par Aide et Action à côté des chantiers dans lesquels les enfants des travailleurs migrants sont instruits, soignés et nourris. Chacun de ces 65 centres donne aux enfants l’accès à l’éducation et la santé, mais les protège aussi : comme les enfants sont gardés dans les centres, ils ne risquent pas de travailler ou d’errer sur les chantiers.

C’est malheureusement ce qui s’est passé dans le nouveau site de construction. En dépit de cette augmentation de salaire, le site ne mettait pas à disposition de centre pour les enfants. Les filles de Jhaam et sa femme ont commencé à traîner autour des fabriques, sans but et surtout sans accès au suivi de leur santé ni à des salles de classe.

Les parents ont vite réalisé qu’ils n’acceptaient pas cette situation, mettant en péril l’avenir de leurs enfants. Ils n’ont pas hésité longtemps : quelques semaines plus tard, ils étaient de retour à Sagar Green, où ils ont pu à nouveau placer leurs deux petites filles dans notre centre de prise en charge de la petite enfance.

« Nous pensions prendre une bonne décision en partant, raconte Jhaam. Le salaire était bien plus élevé, cela aurait pu faire une différence pour nous. Mais quand les enfants ont commencé à errer et à tomber malades, cette situation est vite devenue inacceptable. Leur bien-être et leur avenir sont plus importants que nos revenus. Ici, nous gagnons peut-être un peu moins, mais nous savons que grâce au centre qui se trouve à l’extérieur du chantier, nos deux filles sont nourries, instruites et gardées. Nous sommes désormais beaucoup plus rassurés. »

Pour en savoir plus sur notre projet pour les enfants de travailleurs migrants en Inde, vous pouvez cliquer sur ce lien ou bien parcourir les actualités de notre site internet.