« L’éducation me permet de choisir mon futur », raconte Neang, ancien enfant déscolarisé, qui a accédé à l’éducation grâce à Aide et Action

Srey Neang est une jeune cambodgienne de 11 ans. Elle vit dans une minuscule maison du village de Bram, dans la province de Prey Veng, au sud du pays. Ici, nous vous racontons comment sa vie a changé depuis quelques années, lorsqu’Aide et Action a rencontré ses parents et les a convaincus d’inscrire leur fille à son programme éducatif dédié aux enfants déscolarisés.

Devenir enseignante, un rêve que ses parents ne comprenaient pas

À l’âge de 6 ans, Neang rêvait d’aller à l’école et de devenir enseignante. Mais ses parents, issus d’un milieu pauvre et marginalisé, ne comprenaient pas à quel point l’éducation était importante pour l’avenir de leur enfant.  Ce n’est qu’à l’âge de 8 ans que Neang a commencé à fréquenter l’école. « Quand je voyais mes amis aller en cours, j’étais triste de ne pas être avec eux », raconte-t-elle.

D’après une étude d’Aide et Action menée dans le cadre du Consortium pour les enfants déscolarisés (CCOSC), en Asie du Sud-est, près d’un enfant sur cinq n’a jamais reçu d’éducation formelle. Cela s’explique par la pauvreté, l’ethnicité, le handicap ou encore l’isolation géographique des familles.

La grande sœur de Neang lui apprenait les voyelles et les consonnes à la maison, où elles vivent toujours avec leur mère, qui travaille comme femme de ménage, leur père, travailleur en construction, et leur autre sœur.

Le jour où les choses ont changé

Aide et Action, à travers son partenaire Damnok Toek, a entendu parler de Neang dans le cadre de son action pour les enfants déscolarisés. Nous avons visité sa maison, discuté avec ses parents, et les avons convaincus que leur fille devait absolument recevoir une éducation. Ceux-ci l’ont compris, et Neang a finalement pu accéder à l’école primaire dans l’un de nos centres spécialisés.

Ces centres, dédiés spécialement aux enfants déscolarisés, leur apportent instruction et soins et leur permettent de rattraper leur retard pour intégrer ensuite, après 1 à 3 ans, le système d’éducation publique traditionnel. Neang, désormais en deuxième année de primaire, a retrouvé son rêve de devenir enseignante. Même si elle songe aussi à devenir médecin ! « L’éducation me permet de choisir mon futur », dit-elle avec le sourire.

Notre objectif pour 2017 : ramener 60’000 jeunes enfants à l’école

Nhem Saroeuth, enseignante de notre centre, raconte que malgré ses deux années de retard, Neang se débrouille remarquablement bien et montre beaucoup de résilience. « Elle est toujours en train de sourire, et obtient régulièrement les meilleures notes en maths et en khmer », raconte-t-elle. « Elle a une attitude très positive, cela fait plaisir à voir. »

Beaucoup d’enfants au Cambodge restent exclus de l’éducation. Leurs parents vont travailler et les laissent seuls pendant toute la journée, ce qui les force souvent à adopter la rue comme environnement quotidien. Aide et Action se mobilise pour que tous ces enfants, à l’image de Neang, aillent à l’école et réalisent qu’ils peuvent décider librement de leur futur.

Grâce au travail d’Aide et Action, près de 60’000 enfants déscolarisés au Cambodge seront inscrits à l’école publique d’ici fin 2017.