Le travail d’Aide et Action pour les migrants indiens : zoom

Depuis 2014, Aide et Action mène un grand programme pour l’éducation des enfants migrants dans quatre États indiens. Pourquoi l’éducation de ces enfants est-elle une urgence, et quels sont les enjeux derrière notre initiative ? Retour sur les principaux aspects de notre action en la matière.

 

Un contexte difficile pour les migrants indiens
.
Chaque saison, en Inde, 15 millions d’enfants migrants accompagnent leurs familles en voyage vers les chantiers de construction des grandes villes, à la recherche d’un travail et d’un salaire. Ces travailleurs et leurs enfants vivent dans des conditions catastrophiques : sans accès aux soins ni au logement, et dans l’incapacité de faire reconnaître leurs droits les plus fondamentaux, ceux-ci se retrouvent le plus souvent regroupés dans d’insalubres taudis. Leurs enfants n’ont ni accès aux soins, ni à des repas équilibrés, et l’environnement d’extrême précarité dans lequel ils évoluent produit d’innombrables cas de malnutrition, mauvaise santé, morbidité, retards de croissance et de développement psychologique aussi bien que cognitif.

En 2013, Aide et Action est entrée en partenariat avec la Fondation Bernard Van Leer pour mener une étude approfondie sur le statut des migrants vivant autour des chantiers de construction de 7 villes indiennes. Les données ont révélé que 90% des enfants de travailleurs migrants n’avaient pas accès aux services de développement du jeune enfant (vaccination, nutrition, suivi de la santé) dans les chantiers. D’autre part, 65% des enfants souffraient de diverses formes de maladie et 80% d’entre eux n’avaient accès à aucune forme d’éducation. 40% étaient également enfants travailleurs.

Apporter aux migrants la protection, la santé, et l’éducation
.
Dans un tel contexte, le programme d’Aide et Action a pour objectif d’apporter une éducation et des services de développement de qualité aux enfants migrants de 65 chantiers des banlieues de villes de Chennai, Bhopal, Hyderabad et Bhubaneswar. En 2014, nous avons créé des centres pour les enfants âgés de 0 à 14 ans, appelés Child Care Learning Centres (CCLC). Dans ces centres, les enfants trouvent protection, des soins adaptés à leur âge et leur niveau de développement, une alimentation saine et une stimulation indispensable à leur développement cognitif et psychologique. En parallèle, Aide et Action encourage les écoles voisines des chantiers à accepter les enfants migrants en âge d’aller à l’école primaire. Nous échangeons régulièrement avec les propriétaires des chantiers et les autorités locales afin que soient élaborées avec eux des solutions durables pour les travailleurs migrants.

Notre objectif, c’est que les 5’000 enfants migrants touchés ciblés par le projet bénéficient d’une éducation saine et sûre, qui prenne en compte le fait qu’ils doivent se déplacer au moins six mois par an avec leurs familles, et donc partager leur temps entre deux écoles (dites « de source », c’est-à-dire dans le village natal, et « de destination », à proximité des chantiers). Dans cette optique, nous avons développé un système efficace pour suivre la réintégration des enfants à l’école publique de leur village natal : dès que celle-ci est effective, le chef d’établissement envoie une carte de réintégration aux parents, qui la transmettent ensuite à Aide et Action. Afin de couvrir l’intégralité du programme scolaire national, les écoles de destination restent ouvertes pendant l’été pour les enfants migrants, et sur la base leurs résultats, ils sont acceptés pour la réintégration dans les écoles sources.

Volontaires et staff d’Aide et Action accompagnent les enfants migrants entre l’école source et l’école de destination. Des volontaires assurent le suivi du processus d’admission des enfants à l’école, et veillent à ce qu’aucun d’entre eux n’abandonne sa scolarité en cours. Autour des chantiers, les Child Care and Learning Centres sont gérés par du personnel formé par Aide et Action, qui assure aux enfants l’accès aux livres, des repas quotidiens, et des bilans de santé. Nos coordonnateurs de projet assurent le bon déroulement des activités sur chaque site d’intervention, la collaboration entre chacun des acteurs impliqués, et le plaidoyer auprès des gouvernements locaux afin d’avancer vers une standardisation des conditions de travail des migrants sur les chantiers et les briqueteries. Il s’agit d’une action holistique : l’impact de notre programme sera d’autant plus grand qu’il promouvra à la fois la protection des plus vulnérables, l’éducation des enfants, et les droits fondamentaux des travailleurs migrants en général.


Pour plus d’informations, veuillez consulter les articles suivants sur site d’Aide et Action Suisse, qui traitent tous de notre action en Inde :

« Une fête pour les enfants de travailleurs migrants », 27 juin 2016 (lien)
« Grâce à Aide et Action, les enfants migrants réintègrent l’école », 12 septembre 2016 (lien)
« En Inde, Aide et Action plaide pour l’accès des travailleurs migrants au logement », 14 novembre 2016 (lien)
« Travailleurs migrants en Inde : Aide et Action Asie du Sud signe un MoU avec la Times Foundation pour l’ouverture d’un nouveau centre d’accueil », 6 janvier 2017 (lien)
« En Inde, un couple de travailleurs migrants fait le choix de l’éducation pour leurs filles », 29 juin 2017 (lien)
« Une carte postale pour s’assurer de l’éducation des enfants migrants », 7 août 2017 (lien)
« Découvrez notre nouvelle vidéo sur la vie des enfants migrants en Inde », 17 août 2017 (lien)
« La joie des enfants migrants à Telangana, lors du Bathukamma (festival des fleurs) », 3 novembre 2017 (lien)