Aide et Action encourage la jeunesse à s’épanouir et à s’émanciper, malgré les difficultés

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Crédit photo : Omar Havana

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, ce 12 août, Aide et Action tient à rappeler le rôle crucial qu’occupent les jeunes au sein des sociétés. Trop souvent ignorés, ils sont pourtant la clé du changement. Il est essentiel de comprendre leurs difficultés et d’y apporter des réponses adaptées. C’est ce que nous faisons depuis bientôt 15 ans à travers notre programme iLEAD. En Asie du sud, 230 000 jeunes ont déjà bénéficié de notre soutien.

Le thème de la Journée internationale de la jeunesse 2019 a été « Transformer l’éducation ». Celui-ci vise à mettre en lumière les efforts destinés à rendre l’éducation plus pertinente, équitable et inclusive pour tous les jeunes, y compris les efforts déployés par les jeunes eux-mêmes. Selon les statistiques des Nations Unies, dans les pays à faible revenu, 10% seulement des personnes ont terminé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire et plus de 75% des réfugiés en âge de fréquenter le secondaire ne sont pas scolarisés.

Ces chiffres nous rappellent que des transformations importantes sont encore nécessaires pour rendre les systèmes éducatifs plus inclusifs et accessibles. En outre, les jeunes autochtones, les jeunes handicapés, les jeunes femmes, les jeunes appartenant à des groupes vulnérables etc. se heurtent à des difficultés supplémentaires pour accéder à un emploi et à une formation qualifiante qui respecte leurs divers besoins et aptitudes, tout en reflétant leurs réalités et identités uniques.

En Inde, offrir un accompagnement adapté

Face à cette situation, Aide et Action développe dans ses pays d’intervention des offres en matière de formation professionnelle, en particulier pour les femmes et pour les jeunes défavorisés sans emploi. Les formations proposées doivent permettre à ces hommes et femmes d’acquérir les connaissances de base, d’avoir les compétences utiles à leur insertion sociale et économique et d’accéder à une formation professionnelle adaptée au marché local de l’emploi.

C’est ce que nous faisons au travers de notre programme iLEAD en Asie du sud et notamment en Inde. Celui-ci s’adresse en priorité aux jeunes déscolarisés âgés de 18 à 30 ans et leur propose une formation gratuite de 3 mois dans une quarantaine de secteurs différents, ainsi qu’un accompagnement jusqu’à l’emploi.

«Vivre dans l’État du Jammu-et-Cachemire, en proie à des troubles depuis des décennies, a nui à mon parcours éducatif après le secondaire supérieur, témoigne Nuzhat Aalam, 22 ans. Lorsque toutes les portes des opportunités et de la croissance me semblaient fermées, j’ai été initiée à iLEAD. Je me suis inscrite au cours sur les technologies de la mode, d’une durée de trois mois, dans l’espoir d’obtenir un emploi dans le secteur. À la fin de ma formation, j’ai ouvert ma propre boutique à Kanihama (vallée du Cachemire). Aujourd’hui, les filles de ma région me considèrent comme une source d’inspiration. »

Au Sri Lanka, faciliter le processus de réconciliation

Ailleurs, au Sri Lanka, malgré les efforts déployés par le gouvernement et les organisations de la société civile, les communautés vivant dans les zones touchées par la guerre civile continuent de lutter pour se reconstruire. Le chômage chez les jeunes est en train de devenir un défi majeur. L’approche stratégique d’Aide et Action vise à faciliter le processus de réconciliation par le biais du développement des moyens de subsistance. Notre projet soutient particulièrement les anciens combattants, les veuves de guerre et les personnes déplacées de retour de camps de réfugiés. « Après la guerre, ma famille est revenue d’Inde et s’est installée dans le district de Trincomalee, dans l’est du pays, où elle a occupé divers emplois pour survivre, explique Emilda, une survivante de la guerre devenue entrepreneure. Moi aussi je voulais soutenir ma famille mais je ne trouvais aucune opportunité. À ce moment-là, je suis tombé sur iLEAD, qui offrait une formation gratuite à des personnes comme moi. J’ai rejoint le cours d’esthétique. Immédiatement après la fin de la formation, j’ai trouvé un travail d’esthéticienne dans un salon local. Après quelques mois, j’ai ouvert mon propre salon en transformant une pièce de ma maison en salon de beauté. Je gagne un revenu mensuel de plus de 30 000 LKR (environ CHF 160.-). »

Au Bhoutan, éviter l’exode rural grâce à l’écotourisme

En 2014, Aide et Action, en partenariat avec le Fonds de développement de la jeunesse du Bhoutan, a lancé le projet “My Gakidh Village” dans le but de fournir des moyens de subsistance aux jeunes des villages et ainsi éviter l’exode rural. La promotion de l’écotourisme et des activités artisanales connexes sont alors développées. Le projet, mis en œuvre dans le district de Punakha, est destiné à renforcer les compétences professionnelles des jeunes, en adéquation avec le marché du travail local. Le taux d’abandon scolaire étant élevé dans cette région, les jeunes se retrouvent généralement très peu qualifiés et vite marginalisés. D’autant plus que de la moitié de la population du pays est âgée de moins de 25 ans. L’enjeu est donc très fort.

L’initiative iLEAD, développée dans 44 centres en Inde, au Népal, au Bhoutan et au Sri Lanka, a formé plus de 230 000 jeunes, dont 43% sont des femmes, et 73% sont insérés professionnellement. Près de 5 600 jeunes sont des travailleurs indépendants et offrent des opportunités d’emploi à de nombreux autres jeunes.