Au Burkina Faso, grâce à la formation professionnelle, les femmes reprennent leurs destins en main

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Le projet Formation au Service du Leadership Féminin (FORSELF), développé par Aide et Action à Ouagadougou, permet à des femmes privées d’éducation de se former à un métier et d’exercer des activités génératrices de revenus. Mariam et Adama témoignent et soulignent l’importance de cette démarche pour leur autonomie.

Au Burkina Faso, un certain nombre d’obstacles empêchent les femmes d’accéder à l’entrepreneuriat et ainsi de jouer pleinement leur rôle dans la société. Un faible niveau d’instruction et de qualification, un fort taux d’analphabétisme, des difficultés d’accès au crédit, des contraintes familiales ou socioculturelles… Nombreux sont les freins à l’émancipation économique des femmes. 

Améliorer durablement les conditions de vie des femmes

Pour palier cette situation, Aide et Action a mis en place un projet de formation professionnelle spécialement dédié aux femmes dans la capitale du pays. Intitulé « Formation au Service du Leadership Féminin » (FORSELF), il vise à améliorer durablement leurs conditions de vie par la promotion d’activités génératrices de revenus et le développement de micro-entreprises.

Parmi les bénéficiaires du projet, Mariam et Adama illustrent l’impact de la formation sur la vie des Burkinabè. Toutes deux de faible niveau d’instruction scolaire, elles ont appris leurs métiers sur le tas, grâce à leur volonté individuelle et leur engagement. L’une devenue coiffeuse-esthéticienne et l’autre couturière, elles se sont cependant rendu-compte que leurs qualifications n’étaient pas suffisantes pour se développer.

Accéder à de nouvelles opportunités

Mariam a 40 ans et elle est mère de cinq enfants. En raison des difficultés financières de sa famille, elle a dû abandonner l’école en CM2. Mais Mariam ne se résigne pas pour autant, elle veut gagner son indépendance.  « Je ne voulais pas vendre les galettes comme ma mère, témoigne-t-elle. Je voulais devenir coiffeuse. » Déterminée, elle se lie d’amitié avec  une voisine qui exerce ce métier et apprend à ses côtés. Elle travaille avec elle jusqu’à son mariage puis décide de s’installer à son compte. Mais elle se rend vite compte que ses capacités sont limitées. 

Elle entend alors parler du projet FORSELF initié et mis en œuvre par Aide et Action et décide d’y participer.  « J’ai reçu deux formations sur les modèles de coiffure, le maquillage, la pose des ongles, la pédicure et la manucure, précise Mariam. J’ai appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas du tout. De plus, la formation comprend aussi un volet alphabétisation, ce qui a été d’une grande richesse pour moi ». À l’issue de son apprentissage, Mariam déplace son atelier du domicile conjugal au marché de Tabtenga, situé en zone péri urbaine et s’associe avec une autre bénéficiaire du projet FORSELF. Le salon tourne aujourd’hui à plein régime.

Un soutien et un accompagnement nécessaire

Pour Adama, même constat. Après avoir appris la couture par ses propres moyens et pratiqué cette activité pendant plusieurs années, elle réalise qu’il lui manque quelque chose pour réussir davantage. Elle se tourne alors vers Aide et Action. « Le projet FORSELF est très bien. J’ai bénéficié d’une formation qui m’a permis d’apprendre de nouvelles coupes et donc d’élargir mon offre et ma clientèle. J’ai enfin ouvert mon propre atelier », témoigne la couturière qui accueille désormais trois jeunes femmes en apprentissage afin de partager son savoir.

« L’alphabétisation était nécessaire pour moi. J’ai bien apprécié la lecture, l’écriture et les calculs. Cela m’aide dans mon travail. Je lis facilement mes mesures. J’écris mieux aussi. Je suis très satisfaite. » De plus, la tablette numérique qui lui a été fournie via la formation et sur laquelle elle a été formée, change profondément son quotidien. Elle en fait bon usage en partageant facilement son catalogue de modèles à sa clientèle, sans avoir besoin de tout transporter.

Soutenues et accompagnées, ces deux femmes battantes, ont pu profondément améliorer leurs conditions de vie. Jusque-là limitées à des activités précaires et peu rémunératrices, elles peuvent désormais rêver plus grand. Avec l’appui du projet, chacune redécouvre son métier et accède à de nouvelles opportunités et de nouvelles perspectives.