Au Sahel, 4 millions de filles ont dû abandonner l’école en raison de l’insécurité

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La crise de l’éducation reste aiguë dans les pays du Sahel en raison de l’insécurité. Présente au Niger, au Mali, et au Burkina Faso, Aide et Action s’alarme de cette situation, dont les filles sont les premières victimes.

« Les pays de la zone Sahel sont confrontés à des enjeux démographiques, sécuritaires et migratoires qui pèsent sur les besoins et sur les capacités de leurs systèmes éducatifs, dont les résultats figurent parmi les plus faibles au monde » soulignait le rapport intitulé « Relever les défis de l’éducation dans un Sahel en crise », publié par la Coalition Education en 2019. Désormais cheffe de file de cette coalition, Aide et Action souligne l’urgence éducative actuelle au Niger, au Mali, et au Burkina Faso, trois de ses pays d’intervention. Une situation qui compromet l’avenir de nombreuses générations, et particulièrement des filles puisque l’on sait qu’elles sont 2,5 fois plus susceptibles de se retrouver déscolarisées dans les pays en situation de crise.

L’éducation des filles souvent jugée moins prioritaire que celle des garçons

En effet, les impacts des conflits sur les filles sont nettement plus nombreux que pour les garçons. Selon le rapport de la Coalition Education, avant la crise de COVID-19, au Niger, 54% des filles n’allaient pas à l’école contre 46% des garçons (ISU). « Les contextes socio-économiques favorisent les mariages précoces ou l’implication des filles dans les travaux ménagers. [..] Dans la région la plus affectée par le conflit du pays, le taux de mariages d’enfants est le plus élevé du monde avec 89% des filles mariées. »

Aujourd’hui, les chiffres s’aggravent encore puisque selon les dernières estimations, au Sahel, 4 millions de filles ont dû abandonner l’école en raison de l’insécurité. Au-delà de l’aspect sécuritaire, dans cette zone, les freins à une éducation de qualité sont nombreux : les enseignants du primaire sont insuffisamment formés, les ressources pédagogiques sont inexistantes, insuffisantes ou inadéquates et l’encadrement de proximité s’avère de très faible qualité. Tous ces facteurs fragilisent les filles dont l’éducation est souvent jugée moins prioritaire que celle des garçons.

« Sans l’école, je risquerais d’être condamnée au mariage précoce et aux travaux domestiques »

« L’éducation est très importante pour tous les enfants et particulièrement pour les filles, estime Aissata, élève en classe de CM2 à l’école primaire de Sossokoira, à Gao, au Mali. C’est pourquoi quand notre école a été fermée, j’ai suivi des cours diffusés à la radio nationale et les radios locales Nata et Adar.  C’est grâce à l’école que je serai formée, que je pourrai avoir des diplômes et avoir un emploi. Le parrainage proposé par Aide et Action a changé ma perception de l’école. Quand mon parrain me parle de chez lui, de sa famille et de son environnement, je découvre la vie ailleurs, en France. Sans l’école, je ne pourrais ni lire ni écrire. Ensuite, je risquerais alors d’être condamnée au mariage précoce et aux travaux domestiques. »

Comme Aissata, des millions de filles dans le monde pourraient voir leur avenir s’améliorer grâce à un accès à une éducation de qualité. En cette Journée internationale de la fille, Aide et Action rappelle l’importance de briser les barrières posées par les inégalités de genre et l’exclusion, notamment dans les zones de conflit.