Journée mondiale contre le travail des enfants : le pouvoir d’un sourire :-)

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À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Aide et Action revient sur son projet indien pour les enfants de travailleurs migrants et notamment sur le concept de « brique smiley », ou brique sur laquelle est inscrit un sourire pour indiquer qu’elle n’a pas été faite pas des enfants.

Dans la société d’aujourd’hui, presque tout le monde utilise les « smileys », ces symboles que l’on utilise informellement par message ou sur les réseaux sociaux pour indiquer son humeur. Parmi eux, le smiley « happy » est sans doute le plus célèbre… et celui qui fait le plus chaud au cœur. Aide et Action a choisi de l’utiliser pour promouvoir sa vision d’une société où les enfants vont à l’école et uniquement à l’école.

Travailler sur les briqueteries en Inde, à la limite de l’esclavage

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Chaque saison, en Inde, 7.5 millions d’enfants migrants accompagnent leurs familles en voyage vers les chantiers de construction des grandes villes, à la recherche d’un travail et d’un salaire. Ces travailleurs et leurs enfants vivent encore aujourd’hui dans des conditions catastrophiques : sans accès aux soins ni au logement, et dans l’incapacité de faire reconnaître leurs droits les plus fondamentaux, ceux-ci se retrouvent le plus souvent regroupés dans d’insalubres taudis.

Dans le secteur des briqueteries en Inde, en pleine expansion du fait du boom immobilier qui traverse le pays, la semi-régularisation du marché du travail permet aux employeurs de faire travailler des migrants à un coût dérisoire. Un migrant en Inde fabrique en moyenne 1’500 briques par jour pour un salaire moyen de 500 et quelques roupies, soit autour de 7.5 francs par jour.

Mais l’exploitation ne s’arrête pas là. La plupart des propriétaires de briqueteries tirent un profit maximum en faisant souvent travailler les familles entières, y compris les enfants. Certains enfants commencent à travailler à l’âge de 5 ans. Arrivez-vous à imaginer des millions d’enfants, entre 5 et 14 ans, forcés à travailler 10 heures par jour sur de dangereux chantiers ?

Promouvons la « brique smiley » pour sensibiliser la population

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Depuis déjà plusieurs années, en partenariat avec la Fondation Bernard van Leer, Aide et Action mène un grand programme contre le travail des migrants dans plusieurs capitales indiennes. Dans ce cadre, nous nous sommes associés à plusieurs groupes de production de briques pour créer le concept de « briques smiley », dont la particularité est d’arborer un smiley gravé ainsi que le nom de l’entreprise productrice. Ce smiley, symbole du bonheur d’un enfant, indique que la brique n’a pas été faite par un enfant et que le groupe s’oppose à l’exploitation des enfants migrants, qui comptent parmi les populations les plus vulnérables du monde.

Cette action est vouée à s’étendre et, selon Sanjeev Kotnala d’Aide et Action Inde, atteindra son impact maximal, c’est-à-dire la disparition pure et simple du travail infantile dans le pays, lorsque toutes les marques auront adopté le système des « briques smiley ». Il est tout à fait possible d’y parvenir, et les avancées sont déjà pleines de promesses. Pour Aide et Action et ses partenaires, le travail de sensibilisation continue, en Inde comme ailleurs, pour lutter contre le travail des enfants.

En Suisse, notre projet pour les travailleurs migrants indiens est soutenu par Fengarion, plateforme de crowdfunding. Vous pouvez visiter la page du projet sur Fengarion à cette adresse.