Droits de l’enfant : un travail au long cours

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32 ans après l’adoption par l’Assemblée Générale des Nations unies d’un texte garantissant les droits de l’enfant, ces derniers peinent aujourd’hui encore à être respectés dans le monde. ONGs et associations se mobilisent aujourd’hui pour faire entendre la voix des enfants et faire en sorte que leurs droits deviennent une priorité, y compris en Suisse. 

Le 20 novembre 1989 était adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Générale des Nations unies la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE), le premier texte contraignant à faire des moins de 18 ans des êtres à part entière, porteurs de droits fondamentaux, à la fois sociaux, économiques, civils, culturels et politiques. Trente-deux ans après, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant (20 novembre) force est de constater que, même si d’importants progrès ont été enregistrés notamment en matière de santé infantile, les droits de l’enfant ne sont toujours guère appliqués dans le monde.

Un texte contraignant et pourtant…

1 enfant sur 6 vit aujourd’hui dans l’extrême pauvreté

12 millions de filles sont mariées chaque année

258 millions d’enfants sont privés d’éducation

Ces chiffres alarmants, qui risquent encore de s’aggraver en raison des conséquences économiques et sociales liées à la pandémie de la COVID-19, montrent bien qu’un immense fossé subsiste entre le cadre juridique qui promeut les droits de l’enfant dans de très nombreux pays et la réalité, toute différente.  Les droits de l’enfant ont beau être proclamés universels, ils sont loin d’être respectés, y compris dans des pays développés comme la Suisse. En effet, selon la fondation Protection de l’enfance Suisse, un enfant sur six a moins de chance de réussir parce qu’il grandit dans un foyer exposé à la pauvreté. Il existe également d’importants contrastes entre les cantons. De fait, chaque enfant qui vit en Suisse a droit à la même protection. En réalité, un enfant affecté par la violence et la négligence peut avoir jusqu’à quatre fois moins de chance d’être aidé par un professionnel selon le canton dans lequel il vit.

70 millions d’enfants pourraient mourir d’ici à 2030

Mais comment expliquer aujourd’hui encore que les droits de l’enfant peinent à être appliqués ? Première raison : la CIDE a beau être un texte contraignant, il n’en reste pas moins que ne pas la respecter n’expose à aucune sanction. Le Comité des Droits de l’Enfant en charge de veiller à sa bonne application analyse la situation des droits de l’enfant dans les pays ayant ratifié la CIDE environ tous les 5 ans. Mais en cas de violation des droits, le Comité n’a strictement aucun pouvoir de sanction et les pays ne sont pas contraints d’appliquer ses recommandations.

Des sujets de droits qui s’ignorent

La pauvreté, les maladies, les crises successives, économiques, politiques, migratoires, environnementales ou sanitaires touchent de plein fouet les enfants et les privent, comme pour beaucoup d’adultes, de l’accès à leurs droits les plus basiques. Mais contrairement aux adultes, les enfants subissent, plus qu’ils n’agissent. Leur intérêt supérieur n’est que rarement pris en compte. Ils sont peu informés de leurs droits, privés des moyens de les défendre et de les faire respecter, réduits de fait au silence et maintenus à l’état d’objets. Partout dans le monde, ils font face à de nombreuses discriminations et ne sont souvent pas inclus dans les prises de décisions sur des questions qui les concernent.

La participation des enfants est pourtant un droit qui conditionne tous les autres droits et fonde l’intérêt supérieur de l’enfant. Tout enfant doit pouvoir s’exprimer, être informé de ses droits, avoir accès à la justice, à des soins, être entendu et être consulté pour toutes décisions qui le concerne. Seule une telle participation permet à l’enfant d’avoir un rôle, de ne plus être un objet de droit mais de devenir pleinement un sujet de droit.

Mobiliser et sensibiliser aux droits de l’enfant : le rôle des ONGs 

Face à de tels constats, de nombreuses associations et ONGs font des droits de l’enfant une priorité de leurs actions terrains et de leurs plaidoyers. Dans le cadre de nos projets de développement, nous faisons en sorte que les droits de l’enfant soient intégralement respectés, à commencer par la participation des enfants. Les projets d’Aide et Action ne sont ainsi plus proposés aux enfants mais élaborés avec eux, ils deviennent acteurs du projet. La mise en place de gouvernements scolaires par exemple, où les enfants élisent des représentants de leurs âges afin qu’ils portent haut et fort leurs problèmes et y trouvent des solutions, permet aux enfants de prendre conscience d’eux-mêmes et d’être acteurs du changement dans leur propre contexte social.