En Afrique, la reprise des cours s’avère aussi tardive que compliquée

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Crédit photo: Aide et Action

En Afrique, la plupart des pays ont décalé la rentrée scolaire – parfois jusqu’en janvier 2021 – pour essayer de s’adapter au mieux aux contraintes liées au Coronavirus. Mais, malgré ce délai supplémentaire, la reprise effective des cours s’avère très difficile et accuse déjà un sérieux retard. Tour d’horizon de nos différents pays d’intervention.

MADAGASCAR

Les écoles malgaches ont dû rester fermées tout le temps du confinement, soit de mars à juillet 2020. Seuls les élèves en classe d’examen ont repris les cours fin avril, puis courant août, afin que les examens officiels de fin d’année puissent se tenir. Pour cette rentrée scolaire, si certains écoliers du privé ont repris le chemin de l’école dès le début du mois de septembre, la reprise dans les écoles primaires publiques n’a eu lieu que le lundi 26 octobre, après sept mois de fermeture ! Pour compenser ce retard, l’année scolaire 2020-2021 s’achèvera le 30 juillet 2021, ce qui prolonge les cours d’un mois supplémentaire. Ainsi, le gouvernement espère que les enseignants auront suffisamment de temps pour rattraper les programmes scolaires de l’année scolaire 2019-2020 qui n’ont pas pu être achevés durant la crise sanitaire.
Les mesures barrières comme le port du masque, le lavage des mains et la distanciation sont obligatoires dans les établissements scolaires. Et pour éviter l’engorgement des classes, aux effectifs souvent chargés, il est prévu que la présence des élèves se fasse par alternance. Enfin, une mesure exceptionnelle a été adoptée pour cette année : l’inscription dans les établissements scolaires publics est gratuite et toute cotisation par les parents d’élèves est supprimée jusqu’à nouvel ordre afin d’alléger les charges des parents en situation de précarité. Par ailleurs, les élèves du primaire sont dotés de kits scolaires et de tabliers.

AFRIQUE DE L’OUEST

La rentrée scolaire a eu lieu en Côte d’Ivoire le 14 septembre dernier, avec des mesures sanitaires renforcées. Le Ministère de l’Education nationale a rendu obligatoires le port du masque et le lavage de mains dans toutes les écoles. Par ailleurs, des dispositions particulières ont été prises pour protéger les élèves et le corps enseignants d’une part et d’autre part, pour assurer une remise à niveau des élèves. Ainsi, un comité de veille COVID-19 a été instauré dans tous les établissements scolaires avec pour mission de veiller au respect des mesures barrières et de sensibiliser sur la lutte contre la propagation du virus et des clubs de santé vont permettre le renforcement de l’hygiène et la salubrité à travers des clubs santé. Et parallèlement, une remise à niveau systématique des élèves est prévue pendant les 8 premières semaines de l’année scolaire ; la valorisation et la pérennisation des acquis de l’enseignement à distance doivent être effectuées ; les programmes éducatifs ont été réaménagés et adaptés au nouveau contexte ; et l’encadrement pédagogique a été renforcé avec le recrutement de 1211 conseillers pédagogiques du préscolaire et du primaire et 400 conseillers pédagogiques du secondaire

Malgré ces aménagements, de difficultés sont apparues telles que le manque de masques ou de lave-mains dans certains établissements, le trop grand retard accusé par certains élèves complètement coupés de l’école pendant le confinement, ou le fait que certains parents aient décidé que leurs enfants ne reprendraient le chemin de l’école qu’après les élections prévues le 31 octobre 2020 à cause de la crise politique.

Au Bénin, la reprise des cours a eu lieu le 28 septembre, là aussi avec des dispositions pour éviter de faire du cadre scolaire un lieu de propagation du virus. Les modalités d’organisation de la rentrée scolaire sont les suivantes : pas plus de 50 élèves par classe, obligation de port de masques ; distribution gratuite des masques dans les écoles, collèges et universités publiques ; utilisation systématique des gels hydro-alcooliques ; obligation de distanciation sociale d’au moins un mètre ; obligation de désinfecter toutes les salles de classe ; recrutement et affectation des enseignants postulants pour combler le déficit de titulaires ; en enfin, réorganisation de la récréation.

Cependant, la décision de n’accueillir que 50 élèves par classe pose un sérieux problème d’infrastructures. Une application stricte de cette décision est difficilement envisageable sans une revue des capacités d’accueil des écoles et établissements scolaires et l’augmentation des effectifs d’enseignants.

En revanche, au Togo, la rentrée scolaire n’est toujours pas effective. Elle est prévue pour le 2 novembre prochain seulement !

SAHEL

La rentrée scolaire au Sahel est effective au deux-tiers, notamment au Burkina Faso et au Niger, où elle a respectivement eu lieu le 20 septembre et le 15 octobre 2020. Mais au Mali, celle-ci ne sera effective nationalement qu’à partir du 4 Janvier 2021 ! Cette décision gouvernementale fait suite aux crises scolaire, sanitaire et sociopolitique que connait actuellement le pays.

Au Burkina Faso, la rentrée se fait également dans un contexte de forts défis sécuritaires. En effet, à la date du 20 septembre 2020, 2 206 écoles primaires et 192 établissements post primaires et secondaires étaient fermés dans 7 régions. À l’Est, notamment la province de la Gnagna où Aide et Action intervient, 75 écoles primaires sont actuellement fermées.
Pour une rentrée scolaire 2020-2021 apaisée et sécurisée, le ministère en charge de l’éducation et ses partenaires ont élaboré un plan avec les directives suivantes : l’organisation sur un mois et demi des cours pour l’achèvement des programmes des classes intermédiaires de l’année scolaire 2019-2020 ; la diffusion d’un cours sur la COVID-19 dans toutes les classes comme premier cours de la rentrée ; l’organisation de séances de sensibilisation de la communauté éducative ; l’acquisition et la dotation des écoles en masques et savon, ainsi que l’élaboration et la diffusion d’un protocole de prise en charge de la COVID-19 dans les structures éducatives.

En termes de difficultés particulières pour cette rentrée des classes au Niger, s’ajoute la coïncidence de la rentrée scolaire avec la période des récoltes. Cela crée une situation de rétention des élèves et autres apprenants par les parents qui ont besoin d’eux pour ce travail. Le démarrage effectif des cours dans certains établissements est donc très relatif, surtout en milieu rural.