En Inde, 2 600 enfants échappent au travail grâce à l’éducation

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Crédit photo : Aide et Action

Aide et Action se bat pour faire de l’accès à l’éducation une réalité pour des millions d’enfants qui en sont encore privés. Mais au-delà de cette mission, nous agissons également pour faire respecter leurs droits fondamentaux tels que celui d’être protégé contre l’exploitation économique. En Inde, par exemple, au cours de ces 4 dernières années, nous avons aidé 2 600 enfants à échapper à un travail dangereux. 

À l’occasion de la Journée internationale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin, nous voulons partager avec vous le fruit du travail que nous menons en Inde depuis quatre ans. Dans ce pays, près de 100 millions de personnes sont considérées comme des travailleurs migrants saisonniers. Parmi elles, 10 à 15 millions sont des enfants qui se retrouvent en situation d’extrême vulnérabilité. Pour les accompagner au mieux, et les protéger du risque d’une exploitation économique, Aide et Action leur propose une solution éducative adaptée qui leur permet d’échapper au travail.

J’ai peur de perdre un an dans mes études

« J’adore lire des livres et aller à l’école. Mais à chaque fois que je migrais ici avec mes parents, j’avais peur de perdre un an de mes études », explique Pupesh, une petite fille de 10 ans. Ses parents sont des travailleurs migrants saisonniers, originaires de l’état d’Odisha qui migrent chaque année vers Telangana pour travailler dans une briqueterie. Pendant cette saison qui commence généralement en décembre et se termine en juin, Pupesh avait l’habitude de cesser ses études et d’aider ses parents à atteindre leur objectif de fabrication de briques.

Souvent, sur les chantiers, les enfants subissent des sévices extrêmes, de la violence, de l’exploitation et vivent dans un environnement néfaste, en plus d’être souvent abandonnés à leur propre sort. En raison de la mobilité fréquente des familles, les enfants des travailleurs s’éloignent de l’éducation, des soins de santé et des services d’aide à l’enfance, à la fois dans leur village d’origine que sur leur zone de migration.

Une solution adaptée pour combattre le fléau

En 2017, une action de la Commission de police de Rachakonda a ouvert la voie à un programme éducatif innovant en partenariat entre le gouvernement de Telangana, l’association des briqueteries de Telangana et Aide et Action. Dans le cadre de l’opération « Operation Smile », une campagne nationale contre le travail des enfants, la police a effectué des descentes dans tous les établissements informels et a secouru 376 enfants migrants dans des fours à briques à Hyderabad et dans les environs.

Tous les enfants secourus ont été inscrits dans les écoles publiques locales situées à proximité des chantiers ou dans les écoles temporaires créées par les propriétaires des briqueteries directement au sein des sites. Ainsi, les «écoles de chantier» sont devenues une réalité et ont nourri l’espoir que les enfants puissent exercer leur droit à l’éducation dans la dignité. Les enfants étant originaires d’Odisha, un état où la langue est différente, Aide et Action a mobilisé des manuels adaptés et des acteurs éducatifs du même état afin de dispenser un enseignement dans leur langue maternelle. Les propriétaires de fours à briques ont décidé de soutenir le programme et les parents ont été enchantés de voir leurs enfants suivre une scolarité dans un état étranger alors qu’ils ne s’y attendaient pas. L’administration du district a, pour sa part, fourni des repas le midi et des kits d’apprentissage à tous les enfants à égalité avec les enfants locaux. Une fois la saison de migration terminée, les enfants des travailleurs ont pu réintégrer les écoles de leurs villages d’origine en Odisha. Aide et Action assure leur continuité pédagogique sur place.

Assurer l’éducation et la prise en charge des enfants

Après la démonstration réussie de cette l’initiative en 2017, le partenariat entre la police de Rachakonda, l’administration du district, Aide et Action et les propriétaires de fours à briques se poursuit et se renforce. Il permet d’assurer l’éducation et la prise en charge des enfants migrants. L’initiative a réussi à enrayer la problématique du travail des enfants  au sein des briqueteries partenaires. Au cours des 4 dernières années, 2 600 enfants ont été inscrits dans des « écoles de chantier » à Telangana.

« Je suis très heureuse à présent. Depuis 3 ans, notre famille vient au même chantier pour travailler car il y a une école pour nous. Je fréquente l’école régulièrement et je reçois également un repas le midi », témoigne Pupesh qui est inscrite en CM1 dans une école de Peddakonduru, dans le district de Yadadri. Son enseignante, Siddeswar Chandan, volontaire de l’éducation interétatique ajoute : « C’est un immense plaisir pour moi d’enseigner aux enfants migrants dans leur langue maternelle. Je reste pendant 6 mois sur le chantier et ensuite je rentre avec les enfants. Une fois de retour, je facilite leur inscription dans les écoles de leurs villages respectifs. »

Pour Aide et Action, chaque enfant devrait recevoir une éducation de qualité et avoir la chance de poursuivre ses rêves. Pourtant, aujourd’hui, 218 millions d’enfants entre 5 et 17 ans sont privés de cette opportunité et sont employés à la place. Parmi eux, 152 millions sont astreints au travail des enfants et près de la moitié, 73 millions, accomplissent des travaux dangereux (source : Nations unies).