Insécurité et terrorisme : le droit à l’éducation sacrifié

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L’insécurité grandissante au Burkina Faso et au Mali a entraîné la fermeture de plusieurs centaines d’écoles, notamment dans les zones contrôlées par les terroristes, et une baisse de la fréquentation scolaire dans les autres régions. L’avenir de milliers d’enfants, aujourd’hui privés de leurs droits à l’éducation, est menacé. Devant cette situation, Aide et Action adapte ses programmes pour garantir l’accès de tous, filles et garçons, à une éducation salvatrice et source de résilience. 

Au 31 décembre 2021, plus de 3 200 établissements scolaires, notamment au niveau du primaire et du secondaire, étaient fermés au Burkina Faso en raison des attaques et/ou menaces terroristes. Plus de 511 220 élèves sont ainsi privés d’éducation. La région du Sahel, à la frontière du Mali et du Niger, concentre le plus grand nombre d’établissements scolaires fermés (28,90 %), suivie de celle de l’Est (24,72 %).  C’est dans cette région qu’Aide et Action intervient notamment au travers de son programme « Ensemble pour une Education Publique Résiliente face aux crises » (EEPR). Ce programme vise à assurer l’éducation, dans 120 écoles sécurisées et protectrices, de plus de 18 000 enfants et à accroître la résilience de leurs familles confrontées à la crise sécuritaire, encore aggravée par la pandémie de la COVID-19 et la crise alimentaire et nutritionnelle que connaît la région. Aide et Action y accompagne notamment les populations ayant fui les conflits, le Burkina Faso compte en effet plus d’un million de personnes déplacées, dont 60% d’enfants présentant des besoins éducatifs spécifiques.

Accueillir les enfants déplacés

Les attaques répétées contre les écoles ont fait naître un grand sentiment d’angoisse, y compris dans les régions épargnées par les attaques et ont entraîné une baisse considérable des indicateurs de scolarisation au niveau national. Restaurer confiance dans l’éducation et en montrer les bénéfices sont donc une priorité absolue pour s’assurer que les enfants, notamment les filles, soient re-scolarisés et laissés à l’école. Mené avec la Fondation l’Occitane, le projet Scolfille ambitionne de renforcer l’accès, le maintien et l’achèvement du primaire de plus de 2 000 filles dans les provinces du Ziro et de la Sissili. Aide et Action met notamment en place des cursus accélérés pour les jeunes filles n’ayant jamais été scolarisées :  nous leur proposons ainsi de faire en 9 mois les modules des 3 premières années du cycle primaire, et d’intégrer directement la classe de CE2 (dès la 2ème année de scolarisation) ainsi que des cours de soutien pour celles à risque de décrochage.

Des « relais communautaires » au Mali

La crise politico-sécuritaire que connaît le Mali depuis 2015 a entraîné la fermeture de plus de 500 écoles avec pour conséquence, des milliers d’enfants privés du droit à une éducation de qualité. Face à cette menace, Aide et Action et ses partenaires ont mis en place le Projet Accès à l’Education pour Tous les Enfants au Mali (PACETEM). Celui-ci vise à faciliter la scolarisation de 27 674 enfants, notamment de 14 160 enfants non scolarisés issus des familles vulnérables de Mopti, Djenné, San, Tominian et Yangasso. Au cœur du projet, les « relais communautaires », des hommes et des femmes, membres importants de la communauté, sont mobilisés et formés pour aller à la rencontre des familles et les sensibiliser à l’importance de l’éducation. Ils expliquent notamment les mesures incitatives mises en place par Aide et Action pour motiver une inscription scolaire, à savoir la dotation en fournitures scolaires et uniformes scolaires, le paiement des actes de naissance si la famille n’en dispose pas et le règlement des frais d’inscription pour la première année d’école. Après l’ouverture de l’école, ils ont pour mission d’identifier les élèves qui s’absentent, jouent dans la rue ou travaillent et d’échanger avec leurs familles pour lutter contre cette déscolarisation.  En 2019- 2020, 280 « relais communautaires » ont ainsi re-scolarisé 5 663 enfants de 6 -7 ans dans 190 écoles d’accueil. Le succès du projet est tel que les écoles sont parfois devenues trop petites pour accueillir la totalité des enfants. Le projet assure donc désormais la fourniture en mobiliers scolaires et la construction de nouvelles salles de classes.