« L’école, c’est notre maison »

Publié dans Actualités,Éducation

Imaginez un village où l’école la plus proche se situe à 40 kilomètres, sans le moindre moyen de transport public mis à disposition. Jusqu’à très récemment, c’était la situation de Trapeang Sre Praing, situé dans l’une des régions les plus reculées du Cambodge. Quasiment aucun enfant n’allait à l’école : ceux-ci restaient à la maison ou aidaient leurs parents à travailler les champs.

Depuis, les choses ont changé. Une petite école a été construite dans le cadre du grand consortium (CCOSC) pour les enfants déscolarisés mené par Aide et Action dans le pays.  Cette école accueille 60 élèves par an depuis l’année 2015-2016, de la première à la troisième année de primaire.

La construction de l’école n’aurait pas été possible sans la contribution des villageois, en particulier M. Pov, qui est allé jusqu’à faire don de son propre terrain : « J’étais tellement frustré de voir cette jeune génération gâcher son potentiel sans accès à l’éducation, comme leurs parents avant eux. Je n’ai pas hésité une seconde à faire don de mon terrain pour la construction de l’école. »

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L’école construite sur le terrain donné par M. Pov

« L’école, c’est notre maison. Dès qu’on a un moment de libre, on vient jouer ici, » raconte un jeune garçon en troisième année de primaire. M. Pov se réjouit de la construction de deux nouvelles salles de cours : « Ici, neuf adultes sur dix ne savent ni lire ni écrire, pas même leurs noms. Mais les nouvelles générations vont changer la donne. Cette communauté presque oubliée va renaître. »

L’histoire de M. Pov est marquée par une injustice, celle de n’avoir pas eu le droit de réaliser son rêve. Ce rêve, c’était d’étudier les sciences de l’éducation à l’université. « Depuis le début, j’ai toujours été passionné par l’éducation. Mais je suis né dans une période de chaos, et l’opportunité de poursuivre mes études ne m’a jamais été offerte ».

Grâce à une formation dispensée par le projet, M. Pov travaille désormais comme enseignant dans l’école mise en place dans son village. Les enseignants locaux sont cruciaux dans des zones aussi reculées. « Au départ, j’hésitais à accepter l’offre, n’ayant complété que l’éducation primaire. Mais avec le soutien du projet, des villageois et des autorités locales, j’ai gagné confiance en moi et en la possibilité de faire changer les choses ».

L’éducation a le pouvoir de changer le destin des personnes qui y ont accès, et le cas de ce village isolé du Cambodge montre qu’il n’y a pas d’âge pour reprendre son destin en main.