Togo : renforcer la cohésion sociale par la promotion des droits politiques et économiques des jeunes et des femmes

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Crédit photo : Vincent Reynaud-Lacroze

À la fin du mois de novembre 2020, Aide et Action a amorcé un nouveau projet dans le nord du Togo, en partenariat avec Plan International. Son objectif est de répondre aux risques économiques et sanitaires qui se posent actuellement dans la région en accompagnant particulièrement les jeunes et les femmes. 

Notre nouveau projet baptisé « Savanes Motoag » (« Le vivre ensemble dans les Savanes » en langue nationale) vise à répondre à une double problématique qui se pose actuellement au Togo. Premièrement, la dégradation du contexte sécuritaire dans le Sahel. Avec une extension de l’extrémisme violent vers le Sud, corrélée à la porosité des frontières, les communes frontalières des Savanes du Togo avec le Burkina Faso deviennent particulièrement vulnérables. Comme nous l’avons vu encore récemment avec l’enlèvement de plus de 300 lycéens dans un pensionnat au Nigéria, le mode opératoire des groupes extrémistes consiste surtout à cibler les jeunes marginalisés en leur offrant une source de revenu facile et rapide et une opportunité de s’affirmer, se sentir utile et inclus.

Deuxièmement, la région des Savanes est la plus pauvre du pays et l’accès aux opportunités économiques pour les jeunes est très limité. En effet, ils ont essentiellement  le choix entre une agriculture majoritairement vivrière, peu productive et peu résiliente aux chocs climatiques, ou le travail dans les villes où les options dans le secteur formel sont quasi inexistantes. Cette marginalisation économique des jeunes exacerbe leur sentiment d’exclusion sociale et devient une source d’insécurité potentielle pour l’ensemble de la région.

Autonomiser et responsabiliser les jeunes et les femmes

Pour répondre à ces défis, notre projet dont le lancement officiel a eu lieu le 26 novembre 2020, en présence de Plan International, notre partenaire, et avec le soutien des autorités politiques et administratives, prévoit d’accompagner 6 200 jeunes filles et jeunes hommes vulnérables, âgés entre 15 et 35 ans, sur une durée de 4 ans. Ces jeunes déscolarisés sans qualifications professionnelles, artisans ayant appris un métier mais manquant de connaissances entrepreneuriales et de moyens pour se lancer ou jeunes sans emploi suite à une formation académique constituent le premier groupe cible. L’objectif est de renforcer leur autonomisation économique, leur participation aux décisions locales et leur sentiment d’appartenance à la communauté.

Le deuxième groupe cible rassemble 9 000 femmes âgées de plus de 35 ans. Exerçant des activités principalement agricoles ou des activités à faible impact économique, elles ont un faible niveau de revenu. Les relations de pouvoir inégales et les normes de genre les empêchent d’être propriétaires de terres ou d’avoir le contrôle sur leurs ressources. À travers une meilleure participation aux initiatives de paix, une formation au leadership et à la gouvernance locale et à une contribution à la gestion des affaires publiques, notre objectif est de les impliquer davantage dans le processus de développement et de gouvernance des collectivités locales.

Prévenir l’extrémisme violent

Le projet Savanes Motoag vise également à accompagner les actions du gouvernement dans la prévention de l’extrémisme violent dans la Région des Savanes au Togo. Son objectif global est de renforcer la cohésion sociale par la promotion des droits politiques et économiques des jeunes et des femmes, de renforcer les capacités de la société civile et des institutions de l’Etat au niveau local.